Jeudi 11 mars 2010
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XXº ANNEE - Nº 45
FRANÇAIS
MARDI, 9 MARS 2010
SOMMAIRE:
-Note sur les cas d'abus sexuels sur mineurs
-Violences au Nigeria.
-Respecter la dignité de la femme.
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NOTE SUR LES CAS D'ABUS SEXUELS SUR MINEURS
CITE DU VATICAN, 9 MAR 2010 (VIS). Voici la note du père Federico Lombardi,
SI, Directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège, sur les cas d'abus
sexuels commis sur des mineurs dans les institutions ecclésiastiques:
Depuis quelques mois, le grave problème des abus sexuels sur mineurs dans
des institutions gérées par des organismes ecclésiastiques et par des
personnes ayant des responsabilités dans l'Eglise, en particulier des
prêtres, touche l'Eglise et la société irlandaise. Récemment, le Saint-Père
a montré son intérêt, notamment au cours deux rencontres, d'abord avec les
plus hauts représentants de l'épiscopat, ensuite avec tous les évêques
ordinaires, et prépare la publication d'une lettre sur ce sujet pour
l'Eglise en Irlande.
Toutefois, au cours de ces dernières semaines, le débat sur les abus sexuels
sur mineurs touche aussi l'Eglise dans certains pays d'Europe centrale
(Allemagne, Autriche, Pays Bas). Quelques simples considération peuvent être
faites sur ce sujet.
Les principales institutions ecclésiastiques concernées (la Province des
jésuites allemands -première à être concernée par le cas du Collège Casinius
de Berlin-,la conférence épiscopale allemande, la conférence épiscopale
autrichienne, la conférence épiscopale hollandaise...) ont décidé de réagir
à ce problème avec rapidité et fermeté. Donnant la preuve d'une volonté de
transparence, elles ont, dans un certain sens, accéléré la mise à jour du
problème en invitant les victimes à parler, même dans des cas assez anciens.
Elles ont ainsi affronté les questions de la bonne façon en commençant par
reconnaître ce qu'il s'est passé, se préoccuper des victimes et des
conséquences des actes accomplis contre elles. En outre, elles se sont
basées sur les directives déjà existantes et ont prévu de nouvelles
orientations pour décider d'une stratégie de prévention, afin de tout mettre
en œuvre pour qu'à l'avenir de tels faits ne se reproduisent plus.
Ces faits mobilisent l'Eglise dans l'élaboration de réponses appropriées et
s'insèrent dans un contexte et une problématique plus large concernant la
protection des enfants et des jeunes contre les abus sexuels dans la
société. Les fautes commises dans les institutions et par des responsables
ecclésiaux sont évidemment particulièrement répréhensibles, au vu de la
responsabilité éducative et morale de l'Eglise. Mais toutes les personnes
objectives et informées savent que le problème est beaucoup plus large, et
qu'il n'est pas juste de concentrer ces accusations sur l'Eglise seulement.
Ainsi, par exemple, des statistiques récemment fournies par les autorités
compétentes en Autriche disent que, sur une même période de temps, les cas
avérés dans les institutions dirigées par l'Eglise étaient au nombre de 17,
alors que 150 autres étaient recensés dans d'autres institutions. Il serait
bon de se préoccuper aussi de ceux-là.
D'ailleurs, en Allemagne, des initiatives ont été prises, promues par le
Ministère de la famille, pour convoquer une table ronde des divers pôles
éducatifs et sociaux, pour affronter le sujet dans une perspective complexe
et adéquate. L'Eglise est naturellement prête à y participer et à s'y
engager. Sa douloureuse expérience peut être d'un apport utile pour les
autres. Le Chancelier, Mme Merkel, a justement donné acte à l'Eglise en
Allemagne pour son engagement sérieux et constructif.
En plus de ces considérations, rappelons encore que l'Eglise est insérée
dans la société civile dans laquelle elle y assume ses responsabilités, mais
qu'elle a aussi un ordonnancement spécifique distinct, canonique, qui répond
à sa nature spirituelle et sacramentelle, et dont les procédures judiciaires
et pénales sont d'une autre nature (par exemple, elle ne prévoit pas de
peines pécuniaires ou de privation de liberté, mais l'empêchement d'exercer
le ministère, la privation des droits dans le cadre ecclésiastique, etc). En
droit canonique, le crime d'abus sexuels sur mineurs a toujours été
considéré comme un des plus graves entre tous, ce que les normes canoniques
ont constamment réaffirmé, en particulier la Lettre "De delictis
gravioribus" de 2001, souvent citée de façon inopportune comme la cause
d'une "culture du silence". Qui sait et comprend de quoi il s'agit, sait
qu'elle a été un signal déterminant pour rappeler la gravité du problème à
l'épiscopat et donner une impulsion réelle à l'élaboration de directives sur
ce sujet.
En conclusion, il est évident que l'Eglise traverse actuellement un grave
problème et il ne faut pas renoncer à faire tout ce qui est possible pour
obtenir enfin des résultats positifs en vue d'une meilleure protection de
l'enfance et de la jeunesse dans l'Eglise et dans la société et de
purification pour l'Eglise.
OP/ABUS SEXUELS/LOMBARDI
VIS 100309 (720)
VIOLENCES AU NIGERIA
CITE DU VATICAN, 9 MAR 2010 (VIS). Hier, le Directeur de la Salle-de-Presse
du Saint-Siège a fait part de l'horreur et de la préoccupation face aux
affrontements de ces derniers jours au centre du Nigeria, qui auraient
entraîné la mort d'environ 500 chrétiens de l'ethnie berom, agressés par des
fulani musulmans. Le P.Federico Lombardi a tenu à préciser qu'en réalité il
ne s'agit pas d'une question religieuse mais sociale. Sur les ondes de Radio
Vatican, Mgr.John Olorunfemi Onaiyekan, Archevêque d'Abuja, a expliqué qu'il
s'agit d'un classique conflit entre pasteurs et agriculteurs, en
l'occurrence les fulani étant musulmans et les berom chrétiens. "La presse a
trop facilement présenté les faits comme un affrontement inter-religieux. Or
il ne s'agit pas de revendications religieuses mais socio-économiques,
tribales et culturelles. Les victimes sont de pauvres gens, ignorant de ces
problématiques et sans responsabilités. Quant à elle, l'Eglise s'applique à
maintenir de bonnes relations entre chrétiens et musulmans. Elle tente une
médiation pour faire cesser la violence et aide à trouver une solution aux
problèmes concrets, politiques et ethniques. Nous prions pour la paix, pour
un bon gouvernement et la vérité, pour que tous les citoyens reconnaissent
que la seule solution pour survivre est de se considérer frères".
../NIGERIA/LOMBARDI:OLORUNFEMI
VIS 100309 (210)
RESPECTER LA DIGNITE DE LA FEMME
CITE DU VATICAN, 9 MAR 2010 (VIS). Hier à New-Yok, l'Observateur permanent
du Saint-Siège est intervenu dans le cadre de la LIV session de la
Commission sur le statut de la femme du Conseil économique et social de
l'ONU (faisant suite à la IV Conférence mondiale "Femme 2000. Egalité de
genre, développement et paix pour le XXI siècle"). Mgr.Celestino Migliore a
déclaré que si le débat présentait des éclaircissements, il montrait aussi
des zones d'ombre inquiétantes: "Des progrès ont été obtenus de par le monde
ces 15 dernières années sur le statut de la femme, dans l'éducation des
filles et la promotion des femmes, comme agents fondamentaux d'éradication
de la pauvreté et du développement, mais aussi par l'accroissement de leur
participation à la vie sociale et politique en vue de supprimer les
discriminations et les violences domestiques". Des lois spécifiques
soulignent "le rôle indispensable que jouent les femmes dans la vie sociale,
protègent leur dignité, leurs droits et devoirs. Malgré ce elles continuent
de souffrir dans de nombreuses régions du monde".
Puis le représentant du Saint-Siège a dit qu'on ne pouvait sous-estimer la
violence contre la femme que constituent l'avortement, l'infanticide ou
l'abandon d'enfant, au même titre que la discrimination en matière sanitaire
ou alimentaire, alors que les deux tiers des analphabètes sont des femmes à
partir de 15 ans. "Il est triste de constater que les trois quarts des
malades du SIDA sont des jeunes filles entre 15 et 24 ans, que la moitié des
victimes du trafic international d'êtres humains est composée de mineurs, à
70% féminins". Tout cela résulte de dynamiques socio-culturelles arriérées,
mais aussi des lenteurs politiques. "L'égalité hommes femmes dans
l'éducation et l'emploi a aussi provoqué des manipulations du concept
d'égalité des sexes en matière de défense des droits sociaux... Porté au
niveau idéologique cette égalité conduit au contraire à une régression de la
dignité féminine. D'autre part, les récents documents interprètent le genre
au point de dissoudre toute spécificité, toute complémentarité entre femmes
et hommes. Si ces théories ne peuvent changer la nature des choses, elles
font obstacle à tout vrai progrès dans la reconnaissance de la dignité et
des droits de la femme".
Mgr.Migliore a ensuite rappelé que les documents des conférences
internationales ou des comités insistent sur le "lien entre obtention des
droits personnels, socio-économiques et politiques, et notion de santé
sexuelle et de droits reproductifs. Ceci constitue une violence faite aux
êtres en gestation tout en agressant les besoins réels des femmes et des
hommes. Une solution respectueuse de la dignité de la femme ne faire fi du
droit à la maternité, qu'il faut promouvoir et non compromettre en
améliorant les systèmes de santé et, en particulier, les services
maternité". En 1995, a-t-il conclu, "la Plateforme de Pékin avait proclamé
l'inaliénabilité des droits de la femme, comme indivisibles des droits
humains universels. C'est là une base pour comprendre la dignité spécifique
des femmes et des filles, mais aussi pour en faire une réalité dans le monde
entier".
DELSS/CONFERENCE FEMME/ONU:MIGLIORE VIS 100309 (510)
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